Gare au merchandising

Posted on juin 9, 2012

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A quoi ressemblait le festival avant cette édition ? Mystère. Cette année en tous cas, grand changement, le site a été installé dans un cadre très champêtre. Description.

Depuis le camping, c’est d’abord une très longue allée qui se présente aux festivaliers. Les peupliers y sont nombreux et l’ombre agréable mais il faudrait que le soleil soit là pour qu’on en profite. Le flot est continu dans cet étroit couloir. En début de soirée, les gens y marchent vite pour courir aux concerts ou rentrer au campement. Plus tard dans la nuit, le rythme devient plus lent et nonchalant. Ça rigole. Ça chante. Ça dragouille et parfois, ça fait la sieste contre le grillage.

Au bout d’un moment, plus ou moins long, une grande clairière apparaît. Le chemin s’élargit. La file ordonnée se mue en transhumance. Les coeurs s’affolent alors que les oreilles captent les premières notes. Sur le bord de la route poussiéreuse, l’herbe a un petit coup de mou. Elle a jauni avant l’été. Il y a, dans les pieds de chaque festivalier, un Attila qui sommeille.

Ultime fouille à l’entrée du site. La chasse au verre est déclarée. Même les petites sacoches n’échappent pas à la vigilance des gardiens. En plastique, les bouteilles d’eau évitent tout contrôle et rentrent sans problème. Jaune, brune, rouge ou rosée, l’eau devient du coup multicolore. C’est un miracle marmandais.

Une levée de poignet exhibant son bracelet et un sourire aux vigiles plus tard, on entre dans l’arène. Le chemin coupe le site en deux. A droite, on trouve d’abord le secteur prévention où bouchons et capotes sont distribuées généreusement pour éviter toute pénétration malencontreuse. Juste après le manège d’auto-tamponeuses, on arrive dans la zone remplissage de bidon. Bistrots et gargottes s’alignent dans un déchaînement de couleurs et de logos aguicheurs. Brésil, Maghreb, Sénégal, Pays Basque et Bretagne, à Marmande, le monde s’invite dans les assiettes. Pour l’occasion, de grandes tablées ont été montées face aux scènes. Le pique-nique musical, les orteils dans l’herbe drue, c’est quand même le pied.

Les vraies attractions du festival, c’est donc à gauche du chemin que ça se passe. Près de l’entrée, la petite scène « Trec » attire les amoureux du dub et de l’électro.L’ambiance y est relachée et agréable. C’est original, les deux grandes scènes « Plaine » et « Garonne » ont été dressées côte à côte. Au milieu, un écran géant retransmet le concert en cours. L’idée est bonne et de nombreux festivaliers en profitent pour s’allonger tranquillement et piquer un roupillon tout en gardant un oeil sur les têtes d’affiches qui passent.

Des affiches justement, il y en a beaucoup dans ce festival. Trop peut-être. Une banque, un opérateur téléphonique et deux vendeurs de boissons se partagent l’espace de cerveau disponible chez les festivaliers. La PLV (publicité sur lieu de vente) s’en donne à coeur joie et l’esprit rock disparaît. Seul avantage, les couleurs crillardes servent de point de rendez vous aux égarés en quête d’amis perdus.

Gael Cérez

Posted in: Reportage