Trois mots sur Garorock

Posted on juin 15, 2012

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Quoi ? On est déjà mercredi ? Bigre, il est plus que temps de faire le bilan de ces trois jours et trois nuits à Garorock. Excusez nous pour le délais, le réveil a été difficile après cet épisode marmandais.

En trois jours, 50 000 festivaliers ont arpenté la prairie de Garorock.


 
Un mot : Apéro

Vendredi après-midi, ils étaient nombreux sur la zone de campement à crier ce mot vers le ciel. Les festivaliers s’installaient et débouchaient les bouteilles. Tout le monde reprenait en chœur ce refrain chaleureux : « Apéro !! ». De tentes en tentes, il jaillissait dans la joie et la bonne humeur.

Le lendemain, déjà, les cris étaient moins nombreux. De temps en temps, une personne déployait sa gorge et lançait un appel à la communauté : « Apérooooo ! ». Les réponses étaient plus clairsemées. Mais en prenant la peine de se lever, on pouvait lire le plaisir sur les visages de ceux qui, un verre à la main et le bras tendu, répondaient à l’invitation.

Dans la soirée du samedi, en revenant des concerts, on pouvait encore l’entendre à travers les gouttes de pluie : « Apérooo… ». Le mot était devenu un beuglement inaudible et frelaté. Les réponses étaient à la hauteur. Depuis l’intérieur des toiles, et de sous les sacs de couchage, elles fusaient moins sympas et plus directes : « Ta gueule !! ». Passé 3h du matin, il faut l’avouer, l’apéro n’est plus de mise.

Dimanche, avec le retour du soleil, le joyeux mot est pourtant revenu à la mode. Moins intense qu’au premier jour mais tout de même. Dans la soirée, rebelote. La pluie et la fatigue le chassait encore une fois du vocabulaire marmandais.

Exil définitif ? Non. L’apéro est un mot déterminé. Lundi matin, alors que les tentes rondes si vite dépliables se tordaient de douleur sous les mains maladroites des campeurs du dimanche, on entendait encore l’appel fraternel. Le mot gambadait d’une bouche à l’autre et rebondissait mollement sur le gazon humide. Des sourires las l’accompagnaient. Certains reprenaient le refrain, mais sans conviction, juste pour se remémorer les beaux jours passés et ceux à venir. Dans un an, l’apéro sera chaud.

 
Un état : humide

Il fallait si attendre, la météo a été capricieuse. Le changement de climat fera l’affaire des marchands de bottes. Après un jour et demi d’un soleil jouant à cache-cache avec les nuages, la pluie a régné en reine sur la plaine de Garorock. Et avec elle, la boue son alliée, qui a maculé les jambes, les fesses, les chausses et tout ce qui recouvre un festivalier. Les anciens ont cru revivre Woodstock ! Dimanche matin, certains découragés ont préféré abandonner le navire. Ils devaient être en sucre. Pour les autres, les organisateurs ont déversé de la paille sur les allées pour les rendre praticables. Un effort digne d’être noté.  Rien de bien méchant finalement puisque le soleil, revenu et reparti en fin de journée dominicale, s’est finalement imposé lundi matin. Il était temps. Rien de pire qu’un déménagement sous la bruine.

 
Un sentiment : Super festoch mais…

On passe vite fait sur l’erreur de casting de David Guetta. Arrivé paraît-il en jet, hélico et belle voiture, le DJ a trimé sur la scène de la Plaine. Tout benef pour Tha New team qui a mis le feu à la scène du Trec. C’est là que les festivaliers ont préféré savourer les rythmes hip-hop/dub/electro. Au passage et pour la postérité, on retiendra également le message amical du chanteur de Citizens. Pendant son concert du samedi, on pouvait lire sur son torse : « Death to guetta ».

Grands moments par contre avec Puppet Mastaz et Cypress Hill ou encore avec Skip the Use et bien d’autres. Les premiers ont fait l’honneur d’apparaître en chair et en os sur la scène. On remercie d’ailleurs la marionnette R2D2 de les avoir fait venir du futur. Un spectacle très drôle en tous cas et très efficace niveau son. Il faudra garder un œil sur Breton, The Ting Tings et The Bloody Beetroots qui on livré également de très bons concerts.

Petit bémol cependant, pour un festival dédié au rock, on se rend compte que les meilleurs moments en étaient très éloignés. Dommage.

Et puis enfin, petit clin d’œil à l’orga et aux commerçants de Marmande, tous très sympathiques, même les vigiles chargés de la course aux bouteilles.

 
A l’année prochaine

 
Diselo

Posted in: Reportage