On a voulu assister au cortège grolandais

Posted on septembre 25, 2012

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Samedi 22 septembre, on devait couvrir le cortège présidentiel Grolandais. Rendez-vous était pris à 18h sur la place du Capitole. Comme plusieurs centaines de personnes, nous y étions. En vain. Après une heure et demie d’attente, direction les concerts, vers lesquels de nombreuses personnes dépitées se dirigeaient. Manque de chance, le cortège a bien eu lieu. A 19h30, c’était vers rue Alsace-Lorraine qu’il fallait se presser. Par manque d’information et  de préparation, on a loupé le coche. Mea culpa. Voici tout de même le récit de l’aventure en mots et en images puisque nous ne sommes pas les seuls clampins à l’avoir vécue.

Le sadi à Groland, l’heure n’est plus vraiment l’heure. Les montres et les horaires perdent tout intérêt et les événements s’enchainent dans une sorte d’improvisation heureuse. Sadi 22 septembre donc, sur la presque grolandaise place du Capitole, plusieurs centaines de néo-grolandais s’étaient rassemblés pour fêter leur président Christophe Salengro et leur prestigieuse nation. Le départ était fixé à 18h. On y était. Voici ce qu’on a vu.

Le soleil brille. La bière tiédit. Les gens attendent. Debout ou assis. Ambiance de carnaval mais sans les masques sur la place du Cap’. Le public est jeune. Motivé. Tout le monde attend les officiels Grolandais pour le début de la parade. 18h30 passée, on se dit qu’un problème d’organisation retarde l’événement. La place est plus remplie. Les retardataires essoufflés remercient à qui mieux mieux de les avoir attendu. Ouf, ils n’ont rien loupé.

Un peu de musique se fait entendre vers la rue Saint-Rome. Chouette on se dit, le spectacle commence. Et puis non, c’est un groupe de percu occitane qui parcourt les rues avec ses mannequins de haute tailles. A défaut, on prend ce qu’il y a. Une mamie qui passe par là s’interroge : « Qu’est-ce qui se passe ce soir ? ». Réponse. L’intéressée sourit l’air de dire, merci de me renseigner mais je ne sais pas de quoi vous parler. « Bonne soirée à vous alors, amusez vous bien. » T’inquiète mamie, avec ou sans Groland, tu peux compter sur nous.

19h, un petit homme en bleu arrive sur la place. A bout de bras, il tient une pancarte promo du Mouv sur le dos de laquelle, une affiche du festival a été collée. C’est ça le cortège ? Attroupement. 10 personnes se lèvent et s’approchent. Puisqu’il n’y a rien de mieux à faire. On imite le mouvement. Tout le monde se dit la même chose et comme les boulettes de T1000 liquéfié convergeant pour n’en former qu’une, un grand cercle entoure bientôt le dernier-arrivé. Il parle. Manque de bol, on est trop loin pour entendre. Peu importe, il a l’air décidé de quelqu’un qui sait ce qu’il fait. Du coup, on le suit. Le bonhomme traverse la place de part en part, fait un crochet et revient sur ses pas après une hésitation. C’est Moïse conduisant le peuple d’Israël mais en beaucoup moins classe. Dans la troupe, ça commence à ricaner. Un peu jaune peut-être. Nous prendrait-on pour des moutons ? Certains ne se prive pas et l’air résonne rapidement de bêlement plus ou moins réussis. J’en ai même entendu qui imitait toute une basse cour pour varier les plaisirs.

Autour du petit homme en bleu, une dizaine de personne essaie de trouver le chemin. Parmi eux mais silencieux, on y remarque Noël Godin, l’activiste entarteur. Bras-dessus bras-dessous avec une belle, il l’air de bien s’amuser. Par prudence, on s’approche pas trop. Cet homme là est dangereux. Ça serait dommage de ruiner le complet spécialement loué pour l’occasion.

Tout ça mis bout à bout, ça ne fait pas un cortège. Quoique… Serait-ce une question de sémantique ? Selon le Larousse, un cortège est « un groupe de personnes ou d’animaux qui suivent quelqu’un ou quelque chose. ». Résumons. On a un individu identifié Groland avec sa pancarte. Il marche dans une direction aléatoire. A sa suite, on a une foule d’individus bigarrés qui suivent sa trajectoire dadaïste. C’est bel et bien un cortège. Pas présidentiel pour un sou, mais cortège tout de même.

Quoiqu’il en soit, à peine celui-ci quitte la place du Capitole que la foule se disperse. On entend une dernière consigne, « Direction Alsace-Lorraine ! », et on se demande quelle mouche pique ce facétieux petit homme en bleu. Les concerts sont de l’autre côté. Réflexion. Attente. Demi-tour et abandon du cortège. Au loin, la pancarte paraît bien seule avec sa suite de 20 personnes. Les autres sont en route pour Saint-Sernin.

Presque 20h, le guitare inconnu du premier groupe paraît surpris par la foule qui lui fait face. De reprise en reprise, il réchauffe quand même l’atmosphère. La soirée peut commencer. Quel cortège mes amis, quel cortège…

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Posted in: Reportage