Galileo : le GPS européen prend forme

Posted on novembre 1, 2012

0


Quatre satellites Galileo sont en orbite autour de la Terre. Le 12 octobre, deux engins ont rejoint les deux premiers, en rotation depuis bientôt un an. Leur lancement, par une fusée Soyouz depuis la Guyane, a été couronné de succès. Le système européen de navigation va, enfin, pouvoir montrer ce qu’il sait faire.

Ça y est ! Le GPS européen voit le jour. Les quatre premiers satellites tournent autour de la Terre, à quelque 23 222 Km d’altitude. Cette « mini-constellation » est suffisante pour déterminer une position à la surface du globe. Les premières opérations de test devraient commencer vers février 2013. Pour les premières données, il faudra patienter jusqu’au printemps.

En attendant, les techniciens de la salle de contrôle du Cnes de Toulouse, qui travaillent sur le projet depuis 2004, ne vont pas chaumer. Jusqu’à présent, l’équipe de Claude Audouy, le responsable du projet, s’est attelé à « la préparation des opérations et l’organisation des nombreux essais techniques et d’interface » en partenariat avec le Centre européen d’opérations spatiales (Esoc) à Darmstadt en Allemagne.

Le 12 octobre dernier, les 160 salariés ont pris « le contrôle des satellites dès leur séparation du lanceur, pour aller les positionner sur une orbite de dérive ». Une opération décrite comme l’une des « plus complexes et passionnantes » par Claude Audouy.

À l’avenir, le Cnes réalisera les futures mises à poste des 26 satellites qui viendront compléter la constellation. Un nouveau challenge puisque la « cadence de lancement sera soutenue, souligne Claude Audouy. On envisage d’effectuer un lancement tous les trois mois à partir d’avril 2013, c’est-à-dire dans 6 mois ! ». Au programme, cinq lancements par paire avec la fusée Soyouz et trois quadruples sur Ariane 5, plus spacieuse. Le tout avant fin 2015. Galileo devrait être pleinement opérationnel en 2018.

Indépendance vis-à-vis du GPS américain et Glonass russe.

La Commission européenne finance à 100% le projet Galileo, qui aura coûté cinq milliards d’euros en 2015. L’agence spatiale européenne est aux manettes. La volonté première est de ne plus être dépendant du GPS américain et du Glonass russe. Tous deux sont sous contrôle militaire alors que Galileo restera civil. Plus précis, sa marge d’erreur sera de seulement un mètre, contre 20 pour les systèmes actuels.

Toutefois, même s’il se veut indépendant, Galileo sera compatible avec ses deux grands frères. Ainsi, un utilisateur cherchant à se géolocaliser ne saura pas s’il fait appel à un satellite européen, russe ou américain.

Armelle Camelin.

Posted in: Sciences