Rencontre avec Malik Benthalha

Posted on novembre 20, 2012

0


 

 

À seulement 23 ans, le jeune humoriste connait une progression fulgurante, de l’anonymat au premières parties de Jamel Debbouze, jusqu’à son propre one-man-show : « Malik Bentalha se la raconte » annoncé partout en France. Ce mois-ci, le Jamel Comedy Club était de passage au Théâtre des Mazades, l’occasion rêvée de poser quelques questions à l’intéressé avant son spectacle annoncé le 28 novembre à la Comédie de Toulouse.

Diselo : Tu as rapidement trouvé ta voie pour devenir humoriste. Quel a été le déclic ?

 

C’est une prof d’espagnol au lycée, Mme Dupuis ! Elle était frustrée de pas avoir fait carrière dans le flamenco. Je pense que ça l’a poussée à me demander pourquoi je n’allais pas à Paris pour tenter ma chance. Je faisais pas mal le con en cours, et elle me voyait un peu comme l’amuseur de la classe ! Elle a convoqué mes parents pour leur en parler. Le discours d’un professeur a du poids, ça les ai a aidé à accepter mon choix.

 

 

Diselo : Comment as-tu rencontré Jamel ?

 

C’était en 2009 dans son théâtre pendant les scènes ouvertes. Tous les mardis, tu peux proposer un sketch. Jamel était présent dans la salle quand je suis venu jouer. À la fin il est venu vers moi et m’a demandé si quelqu’un s’occupait de moi. Je lui ai répondu que non. Il m’a dit que je pouvais venir quand je voulais, que j’étais ici chez moi. Je suis revenu et ça s’est fait petit à petit. C’est comme ça que j’ai pu intégrer le Comedy Club et Las Vegas ! (Rires) Je remplace Céline Dion dans un mois d’ailleurs !

 

 

Diselo : Qui est le plus insupportable dans la troupe du Jamel Comedy Club ?

 

C’est une très bonne question ! Je dirais Tony Saint-Laurent. Tu sais, c’est le bon pote du fond de la classe à côté du chauffage avec qui tu fais n’importe quoi. Celui qui te dissipe. Tu as envie d’écouter les consignes, mais avec lui tu ne peux pas. N’empêche c’est avec ce genre d’amis que tu te remémoreras les bons souvenirs de l’époque, en train de pêcher au bord de la rivière.

 

 

Diselo : Beaucoup de personnes te comparent à Jamel. Ça t’énerve ?

 

Non pas du tout ! Du moment que ce n’est pas Faudel ! (Rires) D’un côté c’est flatteur, mais c’est un peu lourd à assumer. Pour prendre un exemple j’aime bien prendre l’exemple du foot, car c’est proche du domaine artistique. On veut absolument trouver le nouveau Zizou, et malheureusement, tous les gens qu’on a comparés à lui ont eu du mal à porter ce statut. Du coup j’essaie de faire abstraction de tout ça. Mais ça me touche beaucoup et ça me rend fier. Qu’on me dise ça à l’âge que j’ai, et le peu de choses que j’ai faites c’est quand même un honneur.

 

Diselo : « Malik se la raconte », c’est pour prendre à la rigolade ton succès ou tu te la pète vraiment ?

 

La première analyse est la bonne ! C’est un nom utilisé à contre-emploi, car je fais tout sauf me la raconter. Ce titre symbolise le côté « J’me voyais déjà «, sauf que je l’ai actualisé en mode 2.0 ! Aujourd’hui on peut se la raconter avec pas grand-chose. Un passage télé peut faire de toi une star. A l’époque il fallait envisager une longue carrière pour imaginer remplir des salles. La chanson d’Aznavour est une de mes préférées, et je pense que beaucoup d’artistes s’y retrouvent. J’ai juste reformulé ce qu’il avait voulu dire dans une forme un peu plus moderne.

 

 

Diselo : Comment as-tu construit ton spectacle ?

 

Avec le temps. C’est très long, car j’ai du mal à me fixer des dates butoir. J’écoute les gens, je me balade, je me renseigne…je prends le temps d’écrire mais c’est très irrégulier. Je peux être à bloc pendant une semaine et ne plus du tout avoir d’inspiration pendant 8 mois ! Après ça revient, sans trop que je sache pourquoi. Tout se passe par à-coups.

 

 

Diselo : Tu ne te fais pas traiter de parisien quand tu reviens chez toi à Lodin ?

 

(Rires) Non pas trop ! Je suis un des rares sudistes à supporter le PSG depuis tout petit ! Quand je reviens à Lodin je reçois pas mal de messages de sympathie et ça fait plaisir. Après, nul n’est prophète en son pays, je reviens quand même avec un peu d’appréhension. Il y a parfois de petites jalousies qui n’ont pas lieu d’être ! Je ne suis ni Alain Prost, ni Michael Jackson ! Le regard des gens change. Il faut que les gens qui comptent vraiment gardent le même regard sur toi. C’est pour ça que j’accorde beaucoup d’importance à la famille. Tu recharges les batteries quand tu es avec les tiens. Ça fait un peu cliché d’Alain Souchon cette phrase, mais c’est vrai ! J’assume ! (Rires)

 

 

Diselo : Comment envisages-tu la suite de ta carrière ?

 

J’espère être là dans la durée ! Il n’y a pas de règles, car pour certains la carrière démarre à 40 piges ! Mais je pense que si tu veux pérenniser tes activités, il faut essayer de se diversifier. C’est la clef de la longévité. J’essaie de le faire à travers la radio, le cinéma… et pourquoi pas le théâtre ? On a la chance de faire un métier où tu peux toucher un peu à tout : la scène, l’audiovisuel, le cinéma…

 

Diselo :  Que penses-tu de la meilleure équipe du Championnat : le Toulouse Football Club ?

 

(Rires) Ecoute, c’est une très bonne équipe, vraiment. Je suis bien pote avec Etienne Capoue en plus. Et je suis littéralement bluffé par le petit Ben Yedder. Il a fait un début de saison de fou ! C’est à l’image du club : la jeunesse, l’ambition et le talent. Au début tu crois que ce n’est qu’un feu de paille, mais lui il a confirmé. Et après ses petits problèmes pour le scandale de la boîte de nuit il a eu une super réaction. Il marque un top-but, et tête basse il vient serrer la main de son entraineur pour le remercier. La classe ! Je le vois bien futur-grand attaquant en équipe de France. Mais il faut qu’il change sa coupe, sinon il ne sera pas pris ! (Rires) Il sera pris en Algérie mais pas en France. Prends exemple sur Giroud mon frère ! C’est la Picardie ça, il y a de belles coupes là-bas

 

 

 

Paul Muselet

 

 

 

Posted in: Entretien