Le roller derby à Toulouse

Posted on décembre 5, 2012

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En vogue aux États-Unis dans les années 60, le roller derby – sorte de course sur patins à roulettes – a fait son apparition à Toulouse il y a bientôt trois ans. Sa spécificité ? Il est quasi-exclusivement féminin depuis qu’il a été remis au goût du jour par les féministes des années 2000. L’association Roller Derby Toulouse recrute et entraîne joueuses et joueurs, débutants ou initiés, qui affrontent d’autres équipes de France et d’Europe. Nous les avons rencontrés à l’occasion du match d’ouverture de la saison 2012-2013.

Les gradins sont déjà presque plein lorsque les joueuses surgissent sur le terrain. Perchées sur leur rollers quad, elles longent à grande vitesse les courbes de la piste ovale. Pour l’ouverture de la saison (en octobre dernier), les membres de l’association ont été réparties en deux équipes pour un match intra-ligue. Les Dirty Vixens, en collants léopard, contre les Tenacious Dolls, en violet et or.

Sur la piste, les deux équipes alignent quatre bloqueuses et une jammeuse. Celle-ci doit dépasser le plus possible d’adversaires pour gagner des points, pendant que ses coéquipières bloquent la jammeuse adverse. Le match est divisé en plusieurs périodes de jeu – les jams – qui prennent fin lorsque l’équipe qui marque le décide, en faisant signe aux arbitres. Parfois violentes, les filles n’hésitent pas à jouer des coudes. Ça se bouscule. Ça donne des coups. Ça tombe. C’est ça le roller derby, un sport imprégné par le folklore punk. En témoignent les surnoms des joueuses : Zaza du démon, Blonde Pression, Cash Pistache, Chair no bill, Lolo Thérapie… Cette ambiance contamine même les spectateurs qui peuvent troquer leurs sièges en gradins contre une place en « zone suicide », à quelques centimètres de la piste. À leurs risques et périls.

Le roller derby : une grande famille

Créée en février 2010, l’association Roller Derby Toulouse compte aujourd’hui près de 125 adhérents. Un succès pour une structure qui n’a pas tout-à-fait trois ans. En octobre, lors de la dernière campagne de recrutement, les inscriptions ont explosé. Et pour cause : n’importe qui peut se mettre au roller derby. « Si la moyenne d’âge tourne autour de 25 ans, l’équipe compte néanmoins des personnes de tous horizons et de tous âges, sportives ou non, ne sachant pas forcément patiner. C’est la grande force du roller derby », souligne l’un des coachs, qui se fait appeler Slash Gordon.

L’association est comme une grande famille. On se charrie, on se donne de grandes tapes dans le dos, mais surtout, on s’entraide. Lors du match d’ouverture, elles ne sont qu’une vingtaine à jouer. Pourtant, tout le monde est là. Tandis que les unes s’échauffent, les autres préparent la buvette ou installent le terrain sous la surveillance de Nicolas, alias Bravehurt, le président. La Ramée (à Tournefeuille), où a lieu la plupart des matchs, est un gymnase « classique », avec un terrain de handball. Tout reste donc à faire : tracer les lignes de la piste, les marquer grâce à une corde recouverte de chatterton, délimiter la « zone suicide », installer l’écran où s’afficheront les points. Celles qui ne jouent pas aident aussi à l’arbitrage. Une vingtaine d’arbitres est nécessaire pendant le match. Et les hommes dans tout ça ? S’ils ont aussi une équipe à Toulouse, ils sont bien moins nombreux que les filles, et c’est plus souvent en tant qu’arbitres ou coachs qu’ils entrent sur le terrain. Ici, ce sont elles, les stars.

Textes et photos de Agathe Roullin

Mémé Castagne, créatrice de Photo encadré« Queen Castagne »

Pour certaines, le roller derby est bien plus qu’un passe-temps. Géraldine, alias Mémé Castagne, membre de l’association, en a fait son travail : « Lorsque j’ai commencé le roller derby en octobre 2010, je me suis rendue compte que c’était la galère pour s’équiper. Il n’existe aucun magasin spécialisé en France. J’en avais marre de mon boulot, alors j’ai monté un shop en ligne, « Queen Castagne », le premier exclusivement dédié au roller derby. Je me fournis aux Etats-Unis, au Pays-Bas et même en France. Les filles peuvent venir essayer le matériel chez moi avant de l’acheter. ».

À savoir

Vous êtes intéressées ? la prochaine campagne de recrutement pour les filles a lieu en mars 2013. D’ici là, mattez-vous « Bliss » de Drew Barrymore pour vous faire une idée et allez faire un tour sur http://www.rollerderbytoulouse.com.

Posted in: Reportage