Envie d’échanger ?

Posted on janvier 16, 2013

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Il y a bientôt deux ans, le site de troc « Le Bon Echange » voyait le jour. Basée à Toulouse, la plate-forme d’échange de service est gratuite. Elle réunit une communauté d’internautes dans toute la France. Nous avons rencontré Aline Necib, la fondatrice du site.

Le bon échange

Comment est née l’idée du site « Le bon échange » ?

C’est mon fils de 8 ans qui m’a donné cette idée ! Il avait échangé un jouet avec un ami quelques jours après Noël. Je lui ai dit que c’était dommage, et il m’a répondu que l’échange leur avait fait plaisir à tous les deux. Je me suis dit bingo ! Je sais qu’il n’a rien inventé, mais ça m’a donné envie de créer cette plateforme.

Pourquoi cette volonté de lier l’échange à la solidarité ?

Avant je travaillais à SFR, et je faisais partie des 1900 salariés qui ont été licenciés dans toute la France. A Toulouse, nous étions à peu près 700 personnes à avoir le même Cv. Il fallait vraiment que je me prenne en main pour élaborer un nouveau projet. Je voulais lier mon activité aux valeurs d’entraide et de solidarité. J’y attache beaucoup d’importance. L’échange est dans l’aire du temps, car on a tous besoin de quelqu’un. Chaque individu a des compétences à mettre en valeur. Souvent, le rapport à l’argent peut-être évacué des relations entre les personnes, et chacun peut y trouver son compte.

Depuis quand le site est-il en activité ? Les utilisateurs sont-ils au rendez-vous ?

Le site est en ligne depuis le 11 mars 2011, et la fréquentation est en hausse constante. J’ai pu relever une augmentation de 150% depuis l’année dernière. On retrouve beaucoup d’étudiants, mais toutes sortes de personnes sont séduites par le concept de l’échange, de 18 à 77 ans !

Quelles sont les demandes d’échange les plus fréquentes ?

Il n’y a pas vraiment de « demande type », pour la simple raison que tout est échangeable ! Hormis les être vivants bien sûr. On a parfois des demandes par rapport à des animaux, mais c’est interdit. En règle générale, je traite des opérations sur des biens matériels. Hier c’était une machine à laver. Aujourd’hui, j’ai validé un échange de voiture en région parisienne! Mais il y a d’autres possibilités, comme les échanges de service : coiffure, bricolage, jardinage, soutien scolaire… On peut aussi demander un service contre un objet, ou un objet contre un service.

Quelle a été la demande la plus insolite ?

« Echange perroquet contre table-basse » ! Mais j’ai refusé, évidemment.

Sur le site, on trouve aussi des achats immédiats, enchères et locations…

Oui, cette partie me permet d’alléger les frais du site. Je les gère directement, mais en partenariat avec des associations ou des particuliers. J’aurais pu créer une rubrique « dons », mais cela ne me semblait pas en adéquation avec les objectifs du site. L’échange doit toujours être au cœur du projet. Dans les achats immédiats et les enchères, on peut faire des affaires. On doit cette plus-value à l’existence de la plateforme. C’est donnant-donnant !

Le site a-t-il vocation à grandir ou à évoluer ?

On peut toujours progresser, je pense déjà à le faire évoluer au niveau fonctionnel. Il faut s’adapter aux demandes et aux remarques des usagers. J’ai des nouvelles inscriptions tous les jours, mais le but n’est pas de gonfler à tout prix le nombre d’utilisateurs. Les comptes endormis ça ne sert à rien ! Il faut aussi que les personnes inscrites jouent le jeu et que les échanges soient de qualité. La quantité viendra par la suite, grâce au bouche à oreille !

Avez-vous un message pour les internautes pouvant être intéressés par Le Bon Echange ?

C’est un site participatif, est toutes les bonnes volontés sont les bienvenues.

Je voudrais aussi parler de mon histoire, celle des licenciés de SFR. Tout est sur ce site : http://sfr-lelivre.jimdo.com

Propos recueillis par Paul Muselet

Posted in: Entretien