150 millions pour les PME de l’aéronautique

Posted on janvier 31, 2013

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Un accord a été signé sur le site Airbus à Toulouse pour soutenir financièrement la filière aéronautique française. Les Ministres Arnaud Montebourg (redressement productif), Frédéric Cuvillier (transports) et Geneviève Fioraso (recherche) avaient fait le déplacement.

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Aerofund 3 : Derrière ce nom barbare se cache un fond d’investissement de 150 millions d’euros. Cette somme doit soutenir une partie fragile de la filière aéronautique : les Petites et Moyennes Entreprises (PME) ainsi que les Entreprises de Taille Intermédiaire (ETI) sous-traitantes du secteur. Par extension, elle devrait favoriser la création d’emplois. Vendredi 25 janvier, des représentants des grands groupes qui contribuent à Aerofund 3 se sont réunis pour signer un protocole d’accord. Airbus, la Caisse des Dépôts et Consignations Entreprises, le Groupe Safran, EADS ainsi que Eurocopter se sont engagés à financer le projet.

Trois ministres, dont Frédéric Cuvillier et Arnaud Montebourg ont assisté à la rencontre. Ce dernier a d’ailleurs annoncé qu’en juin prochain, un contrat entre son ministère, celui des transports et les acteurs sociaux, viserait à « améliorer les performances des filières ». L’initiative du secteur aéronautique semblerait presque en avance sur son temps.

Les premiers fonds d’investissement (Aérofund 1 et 2) datent en effet de 2004 et 2008. Ils avaient déjà cette vocation d’accompagner la croissance et l’émergence d’entreprises innovantes liées à l’aéronautique.  105 millions d’euros ont été injectés dans la filière aéronautique depuis 9 ans. 22 entreprises en ont bénéficié. C’est le cas de Mecahers société toulousaine spécialisée dans la tôlerie et la chaudronnerie pour l’aéronautique.

« En 2008, nous étions des sous-traitants de niveau 1, c’est-à-dire que notre PME familiale avait des contrats directs avec Airbus. Mais pour ne pas rétrograder, nous avions besoin d’investisseurs. On a donc ouvert notre capital au fonds d’investissement Aerofund », explique Patrick Razat, le dirigeant. A ses yeux, ce coup de pouce a été indispensable au maintien de son entreprise. Pourtant en 2008 des élus locaux s’étaient élevés pour critiquer les limites de ce fonds d’investissement. Selon Martin Malvy, Pierre Izard et Pierre Cohen « Aérofund 2 ne répondait pas aux problèmes posés à la filière ». En cause notamment, les délocalisations et le faible nombre de PME qui avaient jusqu’alors sollicité le fonds d’investissement. Patrick Razat, ne partage pas leur opinion: « Doper la filière comme ils le font, c’est quand même un levier important. Nous avons un bel outil », estime-t-il. A terme, le montant du fond devrait atteindre 300 millions d’euros.

Camille André

Posted in: Reportage