DANS LES COULISSES DE GOOD MORNING TOULOUSE

Posted on mars 14, 2013

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Il y a trois ans, quelques amis de Sciences-Po Toulouse ont imaginé une web radio étudiante ouverte et interactive destinée aux passionnés de musique. Aujourd’hui, Good Morning Toulouse (ou « Radio GMT ») rassemble plusieurs animateurs étudiants de différentes écoles et facultés de la ville. Nous avons infiltré l’enregistrement de deux émissions pour prendre la température.

Le rendez-vous est pris avec Hugo –directeur des programmes- au métro Faculté de Pharmacie. Il n’est pas vraiment à l’heure, mais après tout, les derniers partiels viennent de se terminer. La raison de son retard est toute autre : « Désolé, je devais absolument terminer la playlist de mon émission sur le funk ». Nous nous rendons au poste de sécurité de l’Université Paul Sabatier pour récupérer les clefs des studios de Radio INSA : « c’est assez nouveau pour nous, nous avons pu avoir accès à ces locaux grâce à certains membres de GMT inscrits dans l’école. Avant, nous enregistrions dans nos propres appartements avec un ordi, quelques micros et une carte son ».

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Les studios de l’INSA
Sur place, Laure est déjà là. Elle étudie à l’école d’agronomie de Purpan, et anime l’émission « Indébandant » (on lui doit le jeu de mot) consacrée à l’actualité des labels indépendants. C’est une grande première : elle n’a jamais fait de radio et va animer sa toute première émission. « Il n’y a jamais vraiment de pression » tempère Hugo. «Nous ne sommes pas en direct, nos programmes sont tous enregistrés ». Il faut dire que le lieu a tous les attributs d’un studio professionnel : un important matériel de sonorisation et une vitre séparant les techniciens des animateurs. «Les bouts de ficelle c’est bien, mais c’est beaucoup plus formateur ici. ça fait « vraie radio » ». Pour enregistrer et monter les émissions, Hugo s’est formé sur le tas avec le logiciel approprié. Pendant ce temps, Laure s’installe, relit ses notes et nous fait signe. Après quelques tests micro, Hugo lance le djingle de l’émission pour le premier fragment d’enregistrement dédié à la présentation. Laure a choisi de parler du label de musiques électroniques « Infiné », spécialisé dans les esthétiques techno minimales et tech-house. Les choix de sa playlist évoluent dans le sens d’une progression, des morceaux calmes et lounge aux sonorités plus techno avec plusieurs extraits du nouvel album de Rone et du lyonnais Agoria, fondateur du label. Entre chaque piste, elle en profite pour partager ses dernières découvertes et livrer ses impressions. À la moindre hésitation ou mot de travers, il faut recommencer. « C’est normal au début » reconnait Hugo, « c’est assez troublant d’entendre sa propre voix dans le casque, on ne se reconnait pas ! ». En moins d’une heure, l’émission est dans la boîte : elle sera diffusée le jeudi, une semaine sur deux de 21h à 22h. Nous sortons du studio. Le lendemain, il est prévu d’assister à l’enregistrement de « Travail au Black ».

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Emission « maison »
Le second QG de la radio se trouve chez Hugo, à proximité du centre ville. Cette fois-ci, l’enregistrement relève de la méthode « historique » de GMT (les fameux « bouts de ficelle »). Quelques animateurs font de la résistance et continuent à réaliser des « émissions maison ». Au centre de la pièce commune : une table entourée de fauteuils, trois micros, et deux ordinateurs reliés à la carte son. Victor –alias « Black »- anime son émission consacrée au rock des années 80, métal et punk (son fidèle binôme « Decker » n’a pas pu faire le déplacement). Après quelques morceaux de Cradel Of Filth et des Deftones, Victor propose un focus sur l’underground punk de la fin des années 70 avec les Strychnine, originaires de Bordeaux. Plutôt à l’aise au micro, ses interventions visent autant à présenter les groupes qu’à faire rire son entourage au moment de l’enregistrement : « si j’arrive à faire marrer les gens dans l’appart’, c’est déjà bon signe ! Les auditeurs sentent que l’ambiance est détendue, c’est plus agréable à écouter je pense. Surtout qu’il y a des émissions non musicales à GMT : littérature, politique, sport, bons plans de sortie… ». En appartement, le parti pris de ne pas gommer les petites imperfections sonores (et de laisser les fous rires) paraît plus évident qu’en studio, comme le reconnait Hugo : « au final, je me demande si je ne préfère pas faire les émissions à domicile. Ça enlève une petite pression pour la plupart des gens. C’est peut-être plus naturel, et il y a davantage de proximité ». Une constatation qui correspond bien à l’esprit de la radio : des programmes de qualité, sans se prendre la tête.

http://radiogmt.com/

Paul Sailley