Opération nettoyage de l’espace

Posted on mars 19, 2013

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Des millions de débris spatiaux gravitent autour de la terre, augmentant la probabilité de chutes et de collisions. À Toulouse, des chercheurs de l’ONERA tentent de caractériser le niveau de risque que présentent les objets qui rentrent naturellement dans l’atmosphère.

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L’enveloppe en titane du moteur du troisième étage de la fusée Delta 2 est retombé sur terre naturellement le 21 janvier 2001. Il est tombé en Arabie Saoudite (source Nasa)

 

Il en a fait trembler plus d’un. Le 9 janvier dernier, l’astéroïde géant Apophis n’est passé qu’à 14,5 millions de kilomètres de la terre. Mais c’est loin d’être le seul objet spatial qui pourrait nous tomber sur la tête. Des millions de débris d’origine humaine tournent autour de notre planète. En s’entrechoquant, ils se fractionnent et se multiplient. Outre le risque d’endommager les nouveaux satellites, ils provoquent la saturation de certaines orbites utilisées notamment pour les télécommunications. Ce problème écologique et économique attire de plus en plus l’attention de la communauté scientifique. D’autant qu’une partie de ces objets est condamnée à retomber sur terre et risque de causer des dégâts.
Différentes techniques de « nettoyage » sont envisagées bien qu’aucune ne soit encore mise en œuvre. « Des véhicules de transfert orbital pourraient pousser les débris sur des orbites cimetières, où ils ne risquent pas de retomber sur terre », explique Jean-Luc Vérant, chef d’unité de recherche à l’ONERA (le centre national de recherche aérospatiale). « On envisage aussi d’envoyer des satellites récupérer ces débris». Pour le retour, plusieurs options sont à l’étude. L’une d’elle privilégie une rentrée naturelle.

 

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 Population des débris gravitant autour de la Terre en orbite basse et géostationnaire (source : Nasa)


Les scientifiques de l’ONERA cherchent donc depuis 2005 à caractériser la trajectoire ainsi que la survie des satellites et des débris qui rentrent d’eux-mêmes dans l’atmosphère terrestre. « C’est un challenge permanent car il est très difficile de simuler les conditions d’entrée l’atmosphèrique dans des laboratoires. En plus chaque objet, compte-tenu de sa morphologie, est un cas unique », précise Jean-Luc Vérant. Les chercheurs réalisent des modélisations qu’ils essaient de confirmer en observant des cas-tests. A terme, ces outils statistiques de simulation devraient permettre d’évaluer les risques qu’encourent les populations. « Mais finira-t-on par avoir des certitudes? s’inquiète Jean-Luc Vérant, Nous pourrions être un jour dans le même cas que les sismologues italiens condamnés pour ne pas avoir prévu le tremblement de terre de l’Aquila».

Camille André

Posted in: Sciences