Interview HABSTRAKT

Posted on avril 12, 2013

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À 23 ans, le jeune producteur français ne perd pas de temps. Après s’être fait un nom dans les cercles dubstep au sein de l’écurie Château Bruyant (et le très remarqué Pianorama), Habstrakt a signé sur le très bon label anglais Never Say Die Records. En décembre dernier, il sort Tension, un Ep n’ayant rien à envier aux meilleures productions britanniques. De passage à Toulouse le 19 avril, un petit coup de téléphone s’imposait.

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Qui es-tu Habstrakt ? Comment as-tu découvert les musiques électroniques ?

Je suis Adam, producteur et Dj, alias Habstrakt. J’ai 23 ans et je suis originaire du sud de la France. J’écoutais beaucoup de métal et de hip-hop étant plus jeune. J’ai découvert les musiques électroniques avec Prodigy, mais le vrai déclic ça a été Amon Tobin quand j’avais 13 ans.

Tu as commencé très tôt à produire des morceaux. Quelles influences t’ont mené au dubstep, et pourquoi ne pas s’être orienté vers le beatmaking « hip-hop » ?

Au début, je faisais plutôt des beats trip-hop. Après j’ai commencé à intégrer des sonorités dub, en écoutant des groupes comme High Tone. J’ai découvert le dubstep assez tard. Ça existait depuis déjà un petit moment. La première fois que j’ai vu le mot, c’est en faisant des recherches sur internet. J’ai tout de suite accroché, sans trop savoir pourquoi. Depuis j’ai suivi d’autres mouvements, mais je reste fidèle à cette musique ! Le genre est vaste, il y a encore beaucoup de choses à explorer.

Quels sont ces autres mouvements qui t’ont influencé récemment ?

Je kiffe le moombahton ! Ça s’entend sur « Tension ». Pour moi, des mecs comme Dillon Francis sont de véritables génies de la production. Il y a le trap aussi. Le genre fait un peu polémique, mais je pense vraiment que ces rythmiques peuvent apporter une nouvelle fraicheur au son dubstep.

http://www.youtube.com/watch?v=91LHmzMnq_4

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Peux-tu nous présenter ton label Never Say Die ? Quelle identité musicale porte la structure ?

C’est un label anglais qu’a monté Skism. Il y a une bonne équipe : 501 de Finlande, Eptic de Belgique, Dodge & Fuski… Avant j’étais chez Château Bruyant, ma première « team » ! Ça reste un label que je soutiens énormément. En France, peu de structures ont atteint ce niveau d’exigence.

On connait ton goût pour la musique de Burial. Cela peut surprendre, car ses morceaux sont sombres et contenus comparés aux tiens…

L’album Untrue est un chef d’œuvre ! Tout est bon dedans, il m’a beaucoup touché. L’ambiance est nocturne, très noire : une vraie claque. J’y reviens souvent. Je suis assez cinématique dans la construction de mes morceaux, avec beaucoup de nappes, de voix filtrées… ça ne saute pas forcément aux yeux c’est vrai, mais l’album continue à être une grosse influence en termes de production.

Quels artistes t’influencent en ce moment ?

Asa, de Bristol ! Ça ressemble à Burial, en moins dark. C’est plus instrumental. Il y a Sadhu aussi. Ce n’est pas toujours propre, mais il y a de très bonnes idées. On est très loin de la vague américaine ! Le son est brut et ghetto, à l’anglaise ! À mixer, c’est un régal.

http://www.youtube.com/watch?v=vfvrGFbM0zk

Penses-tu qu’une identité dubstep « à la française » puisse se dessiner ?

L’Angleterre domine, même si ces dernières années pas mal de producteurs se sont tournés vers les Etats-Unis et le son de Skrillex. Pour être honnête, je ne pense pas qu’un son « français » puisse se distinguer. À mon avis, le son électronique français trouve son identité via l’héritage de la french touch  avec des labels comme Ed Banger. Plus récemment Gesaffelstein, Brodinski, Bromance Records, et Marble ont fait évoluer ce son d’une façon nouvelle. On a un son français, mais pas dans le dubstep. Le genre est beaucoup plus global. Au final ce n’est pas un mal !

Nous sommes fans du titre « Miaow ». Que devient Badjokes?

C’est mon meilleur pote! Il est sur Marseille maintenant. Il a changé de style : ses influences sont beaucoup plus techno. On va en entendre parler de lui dans peu de temps, je viens de masteriser son premier Ep. Les tracks sont terribles ! « Miaow » ça commence à dater. On l’a composé ensemble il y a deux ans. J’ai vraiment été surpris du succès du morceau, car on ne l’a vraiment pas fait au sérieux. On a tripé devant l’ordi, et en une soirée c’était dans la boite !

http://www.youtube.com/watch?v=KFWGTk-tahI

Tu seras en concert à La Dynamo le 19 avril. Quels souvenirs gardes-tu de ton passage à Toulouse ?

Énorme ! ! J’étais passé au Bikini lors d’un plateau Splash je crois (en 2011 avec Jakes, Bare, Dodge&Fuski et Lucid, NDLR). C’est un des meilleurs clubs d’Europe ! Peu de villes en France peuvent se vanter d’avoir un si bon lieu consacré aux musiques électroniques. J’ai vraiment hâte d’y rejouer.

Quels sont tes projets pour 2013?

J’ai une track sur la deuxième compilation Never Say Die, en coproduction avec UKF. Sinon, je finalise mon troisième Ep ! Je bosse dessus depuis 6 mois : techniquement ça sera un cran au dessus ! J’espère qu’il y aura de bons retours.

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Pour finir : le dernier son dubstep que tu as écouté avant cette interview ?

Eptic – « Mastermind » ! Un morceau démentiel. Je suis un des seuls chanceux à en avoir une copie ! C’est la prochaine sortie Never Say Die !

http://www.youtube.com/watch?v=zhE9i9lEhqg

Le morceau de hip-hop que tu ne te lasseras jamais d’écouter ?

Gang Starr – « Full Clip » ! À l’ancienne, toujours ! Comme je n’ai pas trop le temps de creuser dans tous les styles, autant miser sur les classiques !

http://www.youtube.com/watch?v=U76Nde6rMTw

Propos recueillis par Paul Muselet

Pour Quali District et Diselo Mag

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