Bernard Adamus : le Bluesman qui vient du Canada

Posted on avril 23, 2013

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 C’est par un bel après-midi de printemps que nous allons à la rencontre de Bernard Adamus, l’auteur-compositeur-interprète Québécois, qui va donner deux soirées concerts au Bijou mardi et mercredi. Pétri de blues, il lorgne également du côté du folk, le country, voire le hip hop. On parle musique, mais rapidement, la discussion tourne autour du Canada, du fromage et du mariage Homo !

Diselo : Pour commencer, comment es-tu venu à la musique ?

Bernard Adamus : Ben, je ne saurais pas te le dire ! J’ai eu une guitare à l’âge de 12 ans, et puis c’est venu tout seul… Mes premiers émois musicaux ? Avec le blues évidemment, Plume Latraverse ou bien le grand Fred McDowell… J’ai commencé en jouant surtout des reprises blues. C’est vers 25-26 ans que j’ai commencé à écrire en français. Il ne m’ai jamais venu à l’esprit d’écrire en anglais, toute ma vie est en français, pourquoi j’écrirai dans une autre langue ? Ce n’est pas spécialement pour affirmer une identité francophone, c’est comme ça que ça vient, c’est tout.

D. : Comment c’est passé tes débuts sur scène ?

B. A. : Au début, on jouait en duo dans les cafés et les bars. Puis on a formé le groupe à partir de mai 2008. Tout est allé très vite. Le premier album (Brun) est sorti un an plus tard. Moins de 6 mois plus tard, on a signé un label, grâce au bouche à oreille. Viennent ensuite les festivals : celui de la Chanson Petite-Vallée (2009), Blues sur seine (2009), FrancoFolies de Montréal (2010). C’est pendant l’automne 2009 qu’on viendra pour la première fois jouer en France.

ADamus

D. : Comment se passe cette tournée ? Peut-on comparer le public canadien et le public français ?

B. A. : On apprécie de tourner en France. C’est la 6ème fois qu’on vient jouer ici et c’est toujours un plaisir. Pour ce qui est de comparer les différents publics ? Difficile. Déjà, au Canada, les gens comprennent ce que je dis ! En France, les gens ne me connaissent pas trop et on à faire à un public qui aime les découvertes.

D. : Quelle différence il y a entre un enregistrement d’album et une prestation live ?

B. A. : C’est deux choses qui n’ont absolument rein à voir. On fait les enregistrements studios avec des musiciens qui ne seront pas forcément les mêmes qui seront avec nous en tournée. En général, en concert, c’est plus rapide, agressif. On fonctionne en Brass Band (Ndlr : comme un orchestre composé de cuivres et de percussions). Il y a plus de souffle.

D. : S’il y avait une chose qu’il y a en France, qui te manque au Canada et inversement ?

B. A. : Ce qu’il me vient à l’esprit en premier, c’est le prix du vin et du fromage. Là-bas, c’est pas possible tellement c’est cher ! Et puis j’aime bien l’activité, la vie des grandes villes. Au Canada, en-dehors de Montréal, c’est calme. Très calme. Et en hiver il fait frais (!!!), il ne se passe pas grand-chose. D’un autre côté, c’est beau les grands espaces. Il y a moins de monde, donc il y a moins de stress.

D. : Question d’actualité. Que penses-tu des débats qui animent la France autour du mariage homo ?

B. A. : Et bien je ne vois pas pourquoi on peut être contre si ça ne nous concerne pas directement ? Un enfant qui vient du bout du monde et qui est adopté, il doit bien s’en ficher si ses parents sont de même sexe ou bien « traditionnels ». Je ne sais même pas si le mariage homo est passé au Canada (Ndlr : une loi du 20 juillet 2005 a en effet légalisé le mariage homo au Canada). Je crois que oui. On ne se pose pas trop la question, cela paraît aller dans le sens de l’évolution. Et ceux qui sont contre, c’est peut-être des gays refoulés, qui sait ? Par contre, je ne sais pas trop ce qu’en pensent les Cow Boys.

D. : Les Cow Boys ?

B. A. : Et oui, les Cow Boys, c’est comme ça qu’on appelle les canadiens de l’ouest du pays, après l’Ontario. Ou bien on les appelle les ROCs. Comme Rest Of Canada !

Une vidéo : Clip « La question à 100 Piasses »

Un grand merci à Bernard Adamus pour ce moment agréable à parler musique, vin et Canada ! Il est temps de le laisser partir faire ses balances, et pour nous, d’aller boire un  café en terrasse !

Il est en concert mardi 23 avril et le mercredi 24 au Bijou (123 Avenue de Muret  31300 Toulouse), à 21h30 (Tarif étudiant : 10 €)

Propos recueillis par Cyrille Venaruzzo, Photo de Matthieu Stricot

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