Dans les Coulisses… Du poste central de contrôle Tisséo

Posted on avril 26, 2013

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Ce mois-ci, Diselo s’est rendu à Basso Cambo dans un lieu  pouvant faire la pluie et le beau temps des déplacements des toulousains : le PCC Tisséo (Poste Central de Contrôle). Si le fonctionnement du métro est automatisé, le contrôle de l’humain n’est jamais vraiment absent.

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N’entre pas au PCC qui veut ! Et pour cause : le lieu abrite les équipes techniques maîtrisant le flux des deux lignes de métro A et B, les poumons souterrains qui désengorgent la circulation en ville et permettent aux toulousains de se déplacer à toute heure de la journée.

Après nous avoir équipés de badges, nous rencontrons notre guide : Fabien Cambus, responsable du poste de sécurité. Il nous emmène directement à la salle de contrôle, le lieu le plus impressionnant du site : devant des consoles de contrôle, le personnel technique Tisséo fixe l’immense tableau optique matérialisant l’état du trafic en temps réel. Sur les deux lignes, chaque petit rectangle blanc représente une rame de métro. Une partie des opérateurs se concentre sur la situation dans les stations, tandis que d’autres s’occupent de la sécurité dans les rames. Pour Fabien Cambus, le principal est de se tenir prêt pour être réactif en cas de problème : « Tous les appels sur interphones du métro remontent ici. Quand il y a des incidents, des problèmes techniques ou des actes de vandalisme, un point rouge s’allume sur le plan. En théorie, le système peut fonctionner seul, mais c’est loin d’être le cas. À la moindre alarme la circulation s’arrête. À nous d’être vigilants pour trouver la solution le plus rapidement possible».

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Le flux des rames épouse la courbe de fréquentation du métro. À l’heure de pointe, quand un métro arrive en station (à peu près toutes les minutes), plus de 88 métros peuvent circuler en même temps sur les deux lignes : on compte alors 6000 validations et autant de personnes dans les tunnels. Un « horaire de rush » où les temps de réaction sont plus brefs. Si l’opérateur n’intervient pas, toutes les rames s’empilent les unes derrière les autres. Le problème le plus fréquent : les portes palières (intermédiaires entre le quai et la rame) qui ne se ferment pas : « l’appui des caméras est déterminant. Nous les regardons en cas d’alerte. La plupart du temps, on arrive à régler le problème à distance. Sinon, on envoie directement un technicien sur le terrain ».

Bien sûr, le travail des agents du PCC ne s’arrête pas à la technique. Les équipes mobiles se chargent aussi des « problèmes de clientèle » : défauts de distributeur de titres, malaises, désincarcérations d’ascenseur… Parmi les anecdotes qui jonchent le quotidien du personnel Tisséo, les plus marquantes restent les accouchements : « Nous en avons déjà eu dans les locaux de sécurité des stations, en attendant l’arrivée du Samu et des pompiers. Pour le moment ce n’est encore jamais arrivé dans une rame ! »

Dépôt et maintenance de rames

Le site de Basso Cambo a d’autres fonctions. Après avoir franchi quelques portes, nous atterrissons dans un vaste hangar : l’atelier de maintenance des rames.         Plus d’une quinzaine de métros en réparation sont stockés ici, surélevés sur de grandes structures métalliques. D’autres n’ont encore jamais roulé, et subissent des tests avant d’être mis en circulation. Au fond, on aperçoit un grand véhicule sur roue qui ne ressemble pas vraiment à une rame de métro : il s’agit de la locomotive de maintenance. La nuit, elle peut circuler sur les deux lignes pour des travaux, via un tunnel de transfert réservé au personnel Tisséo entre la station Capitole et Jeanne d’Arc.

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Dernière curiosité de la visite : un hangar d’une centaine de mètres de longueur. Le garage atelier de la ligne A. C’est ici que sont stockées les rames qui ne roulent pas. On apprend qu’une dizaine de métros par rangée peuvent y être alignés. La nuit, le bâtiment peut contenir jusqu’à 48 métros. À l’intérieur, les nettoyeurs travaillent déjà : « les rames sont nettoyées en permanence, de jour comme de nuit. Il y a roulement entre plusieurs équipes, pour que tous les métros en circulation soient propres ».

C’est la fin de la visite. Nous remettons notre badge au poste de garde,  déjà prêts à composter notre carte Pastel et retrouver notre statut d’usager lambda sur le chemin du retour. Vivement le prochain « Dans les coulisses »…

Paul Sailley