DANS LES COULISSES… DU STADE TOULOUSAIN BASE-BALL

Posted on juin 4, 2013

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Même si en terre toulousaine le lien peut paraitre évident, les lettres d’or « ST » ne riment pas toujours avec rugby ! Diselo s’en est rendu compte au détour d’une balade dans la zone verte des Argoulets. L’équipe du Stade Toulousain section base-ball s’y entraîne depuis 1991. Reportage au cœur d’un sport adulé outre-Atlantique, et des plus confidentiels en France.

En arrivant sur le terrain d’entrainement de l’équipe du Stade Toulousain, nous avons eu la bonne surprise de constater qu’un match de haut niveau suivait son cours, entre le Pôle Rouen (la meilleure équipe française) et les « rouge et noir » section base-ball. Pourtant, rien ne le laissait paraître : ce dimanche, le public n’avait pas fait le déplacement pour assister à la rencontre. Un défaut de popularité dû à la différence de culture ? C’est certain. Mais pas seulement. Les Tigers ont beau fièrement porter les couleurs du stade, leur équipe ne dispose pas des mêmes moyens que leurs homologues rugbymens. En réalité, il s’agit d’un des plus faibles budgets des équipes de première division, comme nous le confirme le président du club, Laurent Cornuaille : « le fait d’être rattaché au stade toulousain, c’est surtout la revendication d’une identité locale. Ça ne nous apporte pas de moyens financiers ». L’équipe fait en effet partie de l’omnisport stade toulousain, réunissant le rugby, la natation, le handball et le handisport. « Nous sommes vraiment un tout petit budget. Cela nous permet tout juste de jouer. C’est difficile, car tout se joue sur le bénévolat. Ici ce qui nous manque, c’est l’éclairage. C’est vrai que c’est coûteux, mais ça nous aiderait à développer notre sport. Si nous avions plus de moyens, nous aurions plus d’adhérents. C’est mathématique ».  Le club compte tout de même 140 adhérents, filles et garçons, de 6 à 60 ans.

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Le Soft-Ball, dans l’ombre du Base-Ball

Le club compte plusieurs équipes dans plusieurs catégories d’âge. C’est aussi le cas au sein d’une autre discipline plus méconnue : le Soft-Ball. Si le Base-Ball est réservé aux hommes, ce n’est pas le cas du Soft, sport mixte souvent considéré (à tort) comme une sous-marque du premier. Plus accessible et ouvert à un public plus large, le Soft reste très populaire dans les pays d’Amérique latine et aux États-Unis : en effet, la balle est plus grosse et le terrain est plus petit. Les bases sont plus rapprochées et le jeu est beaucoup plus rapide, car il y a moins de marge d’erreur pour les éliminations. Quand des équipes sont face à face (et de niveau équivalent), il est très difficile de marquer des points. Tout se joue sur la charnière lanceur – catcheur, et l’adresse des frappeurs à la batte. Les coups sûrs doivent être efficaces. On a beau connaitre les rudiments du base-ball, de rapides coups d’œil au match se déroulant à nos côtés nous font vite prendre conscience de notre méconnaissance des règles de ce sport. Le jeu n’est pas si simple, comme le reconnait le président du club : « Il y a beaucoup de stratégies, selon le nombre de points, la position d’attaque ou de défense, le placement… Ce n’est pas toujours facile à comprendre pour les profanes. Le baseball est un sport vraiment très intéressant. C’est technique. Il y a des séquences de jeu que l’on joue à certains moments, d’autres non, selon si l’on est au bâton, ou en défense ».

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Élite et sportifs de haut niveau

 

L’équipe Senior du Stade Toulousain évolue en première division, aux côtés de 6 autres clubs (Beaucaire, Montpellier, Rouen, Paris, Savigny et Sénar). À Toulouse, les joueurs sont tous amateurs. Ce n’est pas le cas de toutes les équipes. Rouen, par exemple, salarie quelques joueurs évoluant dans des championnats étrangers d’une qualité de jeu bien supérieure. Y’a-t-il un avenir professionnel dans le base-ball en France ? Oui, mais les places sont chères. Le club toulousain collabore avec le Pôle France, basé au Creps à Rangueil. Ces classes accueillent des jeunes souhaitant faire de ce sport leur métier en obtenant un diplôme d’animation physique avec une spécialisation base-ball. Plus rares, d’autres joueurs rêvent de jouer à l’étranger. Le meilleur joueur du Stade Toulousain y est parvenu l’année passée : Andy Paz joue aujourd’hui en Californie au club d’Oakland. La fierté de la communauté latino locale, très présente au sein du club : « Il y a des Vénézuéliens, des Dominicains, des Mexicains… Beaucoup jouent dans l’équipe, d’autres sont dans nos équipes régionales. C’est un sport qui est vraiment très pratiqué au Mexique. Des joueurs professionnels gagnent très bien leur vie là-bas ».

Le match se termine. En partant, on ne peut s’empêcher de penser à l’anonymat de certains rugbymens du Stade Toulousain, si l’idée de jouer au Mexique leur traversait l’esprit…

Paul Sailley