Rocka’Willy

Posted on juin 30, 2013

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Samedi soir à Garorock, le Rockabilly était de la partie avec le néo zélandais Willy Moon. Un rock’n’ roll puissant et crâneur, pour une virée sauvage au travers les crossroads d’Amérique, entre le blues des fifties et la pop-électro des temps modernes.

Allure de crooner derrière le regard sombre, Willy moon a l’air concentré avant son entrée sur la grande scène de Garorock.  Il daigne quand même nous accorder quelques minutes avant le show. “I had strange dreams these last nights”. Cigarette au bec, les cheveux gominés et le costume taillé,  la gueule d’ange entretient son image de dandy rockeur, alors qu’on aborde son parcours musical…

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La musique est venue à lui comme une évidence. Issu d’un milieu modeste, il quitte sa terre natale à l’adolescence pour prendre un billet pou l’Europe, « La Nouvelle Zélande était trop calme et bucolique pour moi ». En Allemagne puis à Londres, Willy Moon enchaîne quelques petits boulots avant de plonger corps et âme dans la musique. Il se fait un nom en publiant sa première chanson sur Myspace: « I Wanna Be Your Man ». « I needed to write songs ! ». Biberonné au rythm’ n blues old school, Bo Diddley et Elvis en bande sonore, le chanteur devient un guitariste acharné avant de se découvrir un showman incarné.

Sur son premier album « Here’s Willy Moon », le chanteur va puiser ses refrains dans les classiques du Rock ‘n Roll : The Kinks, Lou Reed…« Johnny Cash of course ! He’s the best rapper I’ve ever heard! », qu’il dépoussière à grands coups de sonorités modernes, pop et électro. Personnage anachronique, Willy Moon ressuscite le rythm’n blues à l’heure du Dubstep. Sur scène, le rockeur livre au public une prestation enflammée, épaulé de son duo féminin guitare-batterie. Du son funky d’ors et déjà-classique de « Yeah Yeah » (le titre a été repris pour la dernière pub d’Apple), au jeu de crooner lover sur « My girl », en passant par l’harmonica western de « Railroad track » … Le king 2.0 maîtrise la scène, martyrise sa guitare pour quelques riffs accrocheurs quand il n’enchaîne pas les pas de danse endiablés.

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Devant le public de Garorock, Willy Moon prend des postures d’Elvis, remet sa mèche en place entre deux morceaux, se déchaîne au micro avant de se le caler entre les dents. On notera la superbe interprétation du classique blues de Screamin’ Jay Hawkins, « I put a spell on you » et la voix habitée de Willy sur la fanfare narquoise « Working for the company ». Les nouvelles vont vite et les talents sortent de l’ombre. Willy Moon a été déjà été repéré par le chanteur et guitariste Jack White. Un parrain de marque, qui ne s’y est pas trompé en produisant le jeune rocker sur son label « Third Man Records ». Pas de doute, Willy Moon va faire parler de lui dans les années à venir.

Jolan Zaparty

Posted in: Entretien